06 août 2005

Vol n°17 - Libre comme ... l'air

dr221_1Quand c'est le bon moment, c'est le bon moment ... Et aujourd'hui je n'allais pas pinailler sur ma condition physique, ma fatigue ou l'importance du vent de travers. C'était aujourd'hui.
Après une prévol impecc sur Romeo Tango - je tenais à faire mon premier solo sur cet appareil, le même qui m'a fait découvrir le bonheur virtuel du DR221 sur Flight Simulator 2004 - , un démarrage au poil, roulage avec auto-information (La tour de St-Cyr ne disposait pas de controleurs de vol aujourd'hui) vers le point d'arrêt 30 gauche. A peine un peu de vent de travers provenance du nord (5 à 7 noeuds) des conditions idéales, et moi complètement détendu, et attentif à mes paramètres de vol.
Un premier touché,.... une simu de coupure moteur en montée puis remise de gaz... un deuxième touché, un troisième, quatrième et puis allé, Olivier me propose de faire un tour seul. Donc atterrissage, freinage et dégagement sur taxiway central. Actions après atterrissage, j'envisage de traverser comme à l'accoutumée la piste sud ... "Négatif reprend Olivier à la radio, on traverse rien du tout on rejoint les parkings via la branche Bravo du taxiway"... Sans contrôle c'est la consigne. En effet, ce serait plutôt dangereux de traverser avec un DR 400 qui nous atterrit sur le nez!
Je peux sortir mon carnet de vol car Olivier a repris les commandes. Une fois au parking, il signe sur la ligne de "solo" ma toute première autorisation de lâcher "pour un tour de piste"... [ Ca fait un peu ticket pour un tour de manège de luxe ! ] Je suis très excité... Dernier contrôle, dernier briefing du maître à son padawan-pilote, j'ai bien l'autorisation du médecin de vol, la dérogation de l'instructeur via le Club...
Olivier sort sans que je n'aie à couper le moulin. "Juste, Dimitri évite d'accélérer pendant que je sors, je risque de prendre froid ..." Quel humour mon Chef-Pilote! Mais déjà il est parti, il s'éloigne d'un pas alerte, et j'ai refermé la verrière sur les 5 points de fixations. Je reste interdit tandis que le moteur tourne.
"I'm alone", seul et j'ai plein pouvoir sur la machine. Jouissif ...

Je fais un circuit visuel de contrôle sur tous les cadrans, après avoir eu quelques dizaines de minutes la tête à autre chose. La sensation de ne plus avoir quelqu'un à ma droite est une immense libération. Je sens que ça va le faire.
Je m'auto-annonce, je roule jusqu'au point d'arrêt. Et force est de constater que je vérifie machinalement les arrivées d'aéronefs au sol sur les taxiways, je checke à deux fois les magnétos sur la position "BOTH", l'état des switches batterie, mixture, alternateur et pompe électrique à carburant. Au point d'arrêt, j'effectue ma checklist le plus simplement du monde, sans pression, à mon rythme. Tout se passe pour le mieux. Prêt au point d'arrêt.

Personne n'est en finale en 30 gauche (on sait jamais ...) je m'aligne entre les deux bornes, pile centré. j'aligne mon QFU 295,  et c'est parti plein gaz ! La machine accélère, j'ai les tours, pas de voyant, le badin augmente, .... 50 km/h ligne de vol, jusqu'ici tout se passe bien. A mon plus grand étonnement, j'accélère beaucoup plus vite sans une deuxième personne à bord. 100 km/h je décolle tranquillement ... même pas la peine, ma vitesse augmente plus vite que d'habitude !!!! Et je décolle franchement, je suis déjà à 145 km/h sans diminuer, c'est dément !! A peine la moitié de piste parcourue je suis à 200 pieds sol, j'ai décollé comme une fusée! Je huuuuuuurle de bonheur !!!!!! A peine au premier virage je suis déjà en altitude du tour de piste à 1100 pieds ! En vent arrière, et en base, aucun problême, je contemple pour la énième fois Versailles le Château, son Petit Trianon et au loin dans la forêt, le Pavillon de Marie-Antoinette... je vire en base ... Approche réussie, pas de sale coup ..., annonce en base, puis en finale à la radio. Un autre DR221 d'un autre club vient d'atterrir en 30 gauche. Tant mieux, j'ai la 30 droite pour moi tout seul. Plein ralenti à 3 mètres du sol, je casse ma trajectoire verticale, je laisse descendre Romeo-Tango, laisse descendre et je touche .... et je rebondis !!!!!!!! mais rien de grave. Le deuxième toucher des roues sera le bon. Je décélère et profite de mes derniers instants de liberté, annoncant la piste 30 droite dégagée et je roule jusqu'au parking. Je pavane sur le taxiway... Au park, je m'aligne sur la place A3 pile au centre !!! Chouette ! Exécution de la check de fin de vol et extinction moteur. J'étouffe les 120 chevaux de la bête,  coupure des magnétos, et voilà. C'est fait.

Dix-neuf minutes de bonheur, où je me suis retrouvé Pilote dans Romeo Tango, aux environs,de midi,.... j'ai été pour la première fois de ama vie mon propre commandant de bord.
Retour vers les Alcyons, et je trouve Olivier et Anne-Marie en plein repas ! Pas inquiet le Chef-Pilote ! Premières félicitations, je suis rouge de fierté. Il me dit que mon rebond n'était pas grave. J'ai été simplement surpris par la plus faible masse de l'ensemble... J'ai simplement encore à m'entraîner...

C'est gagné, Champagne !!! A lundi pour reconfirmer tout cela.

Posté par fire_bird à 20:40 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Vol n°17 - Libre comme ... l'air

    bravo!!!

    Milles bravos Dimitri!
    Je suis super fière de toi, et j'espère bientot aller faire un tour avec toi.
    Bravo

    Posté par vinouille, 07 août 2005 à 16:07 | | Répondre
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